Jeune diplômé de l'ERBAN, Alexandre Barth s'est vu attribuer fin 2007 le prix des Arts Plastiques de la Ville de Nantes. Zoo galerie s'étant associée à cette aide à la création, elle accueille aujourd'hui la première exposition personnelle d'Alexandre Barth, après l'avoir déjà invité l'an passé dans l'exposition collective BOYS'R US.
Ce bricoleur revendiqué pratique l'espace de son atelier comme un sportif sa piste d'entraînement. Agencer, assembler, coller, poncer ou bien laisser gonfler, réparer autant que façonner… Barth fait dans le low tech avec brio, ses matériaux de récupération transmettant plus l'ingéniosité du maquettiste aguerri que la facilité du recycleur trendy. Nourri aux catalogues d'ameublement design autant qu'à ce qui fascine théoriquement les jeunes garçons: aviation de combat, marine et outils Castorama, Barth aime à laisser les traces de fabrication apparentes.
Pour Eckpfosta, exposition qui tire son nom des poutres d'angle des maisons alsaciennes, le baroque des références décoratives —colombages, dictons ornementaux traditionnels…—côtoie, proximité germanique aidant, le romantisme du geste créatif mis en exergue. Au cœur du décor ainsi planté traînent des outils de cire colorée: scie sauteuse, multiprise et petit poste de radio indispensable à l'ambiance atelier, simplement moulés à l'échelle 1, prolongement naturel de ce bras de plâtre surpris en pleine confection d'un luminaire aussi étrange qu'incontrolé.
Parti à l'aventure une bombe de mousse polyuréthane expansive à la main, Alexandre Barth nous entraîne dans ses paysages sculptés comme en 2D, effet que son usage de cette technique old school qu'est la pyrogravure ne fait que renforcer.

Aude Launay